21 février 2009

Antonin Artaud.

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"Le génie ça démarre tôt, et parfois ça rend marteau". Aphorisme signé Serge Gainsbourg. Et effectivement, notre client d'aujourd'hui, tout brillant du cerveau qu'il ait pu être, avait une sacrée araignée au plafond. Même si vous allez trouver (lecteurs fidèles) que je charrie un peu. Oui parce qu'Antonin Artaud est né en 1896 et mort en 1948. Seulement voila, de par son comportement, ses écrits, ses visions démentielles, pour l'époque, il a tout de la rock star moderne. Homme de théâtre, acteur, écrivain, l'homme était aussi rebelle au système qu'un Dylan. Il fallait oser, dans les années vingt, prendre position en faveur des drogues. De son imposante œuvre cryptique, et que je suis loin d'avoir parcouru en entier, le rocker de base devrait au moins retenir quatre ouvrages, dans lesquels il risque de se retrouver en terrain connu. Mais je vous avertis, c'est pas du gâteau. Pour le coté poète maudit/halluciné, l'impitoyable "Le Pèse Nerfs et l'Ombilic des Limbes" impose un barrage verbal, comparable à un mur de distorsion en règle. Il y est question de reconstruire sa personnalité, de régler ses comptes avec un peu tout le monde, dans une démarche finalement assez Dylan/Barrett. "Les Tarahumaras" raconte un voyage aux Mexique, pour une initiation au rite des champignons hallucinogènes, et vaut largement n'importe quel délire des Freak Brothers, ou de Carlos Castaneda. Effrayant d'acuité et de clairvoyance, "Le Théâtre Et Son Double" prévoit, avec presque cinquante ans d'avance, ce que seront les concerts dans les grands stades, les méga sonos/rampes d'éclairage/hangars à bétails qu'on gave de décibels. La, on commence à frissonner. Ce type était devin, en plus ? Enfin, pour la bonne bouche (façon de parler) les "Cahiers De Rodez" sont le récit de son internement. Cauchemardesque témoignage de la condition des aliénés sous l' occupation. La encore, la chute rappelle étrangement celle de Syd Barrett.  Pour vous faire une bonne idée du personnage, essayez l'intégrale paru en 2004, avec une magnifique iconographie. De quel instrument il aurait jouée ? Aucune idée, je le vois plutôt rock critique/imprécateur maudissant. Il avait d'ailleurs fréquenté le mouvement surréaliste, avant de se faire jeter (comme beaucoup) par André Breton. Attention, âmes innocentes, l'aller est gratuit, le retour beaucoup moins.

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Posté par Hamster Jovial à 15:48 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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